20 IMCWP, Contribution of the AKFM Madagascar

10/22/18, 9:15 AM
  • Madagascar, Party of the Congress for the Independence of Madagascar [AKFM] 20th IMCWP Fr Africa Communist and workers' parties

20è rencontre internationale des Partis Communistes et Ouvriers

 

Athènes 23-24-25 Novembre 2018

 

Allocution de la délégation du Parti du Congrès de l’Indépendance de Madagascar (AKFM)

 

Chers camarades,

Nos premiers mots sont les mots de remerciement au Parti Communiste de  Grèce pour cet accueil chaleureux, ainsi que nos sincères félicitations à l’occasion du 100è anniversaire de ce Parti. Il n’est pas à démontrer que ce parti séculaire a résisté contre vents et marées dans sa lutte internationaliste. Aussi, lui souhaitons-nous encore plus de dynamisme et d’autorité dans ses entreprises.

Ceci  étant,  nous enchaînons sur notre prise de parole en disant que: s’exprimer devant vous, pour parler de notre action solidaire  en matière de lutte pour le bien de l’humanité, pour la liberté de l’homme, pour le bien-être des travailleurs ne peut se faire qu’avec beaucoup d’émotions : en effet, voici déjà la 20è fois,  les partis communistes et ouvriers, les partis de gauche du monde entier, issus de tous les continents, conjuguent leurs efforts afin d’atteindre un but noble : faire régner dans le monde la justice et la paix, facteurs de développement social et garant d’un avenir meilleur.

Si l’année dernière nous avons célébré ensemble le 100è anniversaire de la Grande Révolution Socialiste d’Octobre qui a changé les rapports de force entre les opprimants et les opprimés, tous ensemble d’une même voix nous avons évoqué les progrès sociaux engendrés par la victoire de cette lutte populaire juste et équitable, et dont les échos ont gagné le monde entier.

Malheureusement, un siècle plus tard nous nous lamentons encore plus qu’auparavant des actions néfastes, très alarmantes et de beaucoup inquiétantes des puissances impérialistes vis-à-vis non seulement des pays pauvres dont ils spolient  les ressources naturelles, mais encore à l’égard de leurs propres travailleurs qu’ils exploitent  intensément.  Paradoxalement, en ce 21è siècle, où on prône l’innovation  comme la voie vers l’amélioration de la vie, nous constatons que cette innovation, si répandue qu’elle soit dans le monde, ne profite qu’à une infime partie de la population mondiale ; pire encore certaines innovations sont expressément orientées vers l’intensification del’exploitation  de la majorité travailleuse.  Avec une telle pratique  se creuse constamment  le fossé qui sépare les riches et les pauvres. Résultat: parallèlement  à la croissance démographique mondiale la pauvreté  va grandissante.

Réflexion:

1/  cette année 2018 où nous célébrons le bicentenaire de la naissance de Karl Marx, osons clamerhaut et fort que sa théorie sur la plus value est loin d’être désuète,

2/  la lutte contrele système impérialiste dont il a démontré les méfaits est une lutte permanente tant que l’humanité existe. Il est toujours de notre devoir d’unir nos forces  pour vaincre ce fléau mondial qu’est le système capitaliste mué en système impérialiste !

Chers camarades !

Comme la plupart des pays du monde, notre pays, Madagascar,  traverse une période instable aggravée par la situation électorale, où des prétendus partis politiques se font voir pour la première fois et présentent des candidats à la magistrature suprême. Sur les 46 prétendants au poste, la candidature de 36 personnes a été retenue. On se demande, est-ce un comportement responsable ?  D’autre part, la société malgache est marquée par les faits suivants:

 I- La déception et la frustration de la majorité de la population causée par :

  • l’incompétence du gouvernement instauré en2014,  faisant suite à la démission du Président de la République élu,  et parti en exil en 2009 après une manifestation sanglante réprimée par la garde présidentielle ;
  • l’impunité des gros bonnets saisis en flagrant délit de corruption, de malversations  ou d’entorse à la loi ;
  • la hausse vertigineuse du coût de la vie ;
  • la défaillance sécuritaire dans toutes les régions de l’île ;

II-  La partialité manifeste de la Haute Cour Constitutionnelle qui favorise le régime actuel :

  • un mois de manifestation populaire conduite par les députés de l’opposition, s’étant nommés « Les députés du changement », et ayant gagné toute l’île,a abouti à la chute du Gouvernement. Néanmoins, la Haute Cour Constitutionnelle composée d’éléments pro-régime, à travers diverses manigances, a réussi à faire conserver plus de 50% des anciens ministres, déjà proscrits par la raison populaire.

              III-  L’ingérence évidente des forces extérieures au détriment de la population malagasy :

  • Nul n’ignore que l’argent dicte les lois ! L’existence des catégories de pays appelés « en voie de développement » et de « pays les moins avancés » profite aux grands capitaux, essentiellement venus de l’extérieur.  C’est bien à juste titre si, actuellement, un grand nombre de ces catégories de pays, où sont installées  les usines, les entreprises, les firmes  et autres représentants des multinationales  se pose la question de  coopération mutuellement avantageuse, car ces pays souffrent des contraintes des investisseurs  étrangers. Madagascar n’en fait pas exception. La question de pauvreté est étroitement liée aux pratiques malsaines d’ingérence des forces extérieures dans le développement économique, social, voire culturel des PVD et des PMA.

Fidèle aux principes de souveraineté et d’indépendance nationales, qui ont animé et continue d’animer ses 60 ans d’existence combattive, l’AKFM face à ces problèmes, a rappelé les grandes lignes du Manifeste qu’il a publié en 2011, mettant en exergue l’idée que « Lutter pour la Patrie n’est pas un crime ! », tout en incitant les forces progressistes nationales à lui emboîter le pas dans la lutte.

 

Les problèmes du siècle :

Aux problèmes récurrents que nous venons d’évoquer s’ajoutent les problèmes du siècle qui  affectent  surtout la majorité populaire, souvent victime des actions volontaires néfastes des détenteurs de capitaux enclins à la richesse démesurée.  Nous avons nommé :

  • Le problème de l’émigration causé par le chômage, l’insécurité ;
  • Le problème de la malnutrition dans les PVD, alors qu’il existe dans ces pays des potentiels à exploiter avec une approche scientifique et humaniste;
  • Le problème du changement climatique qui est en train de mener le monde vers la catastrophe ;
  • Le problème lié à l’expropriation de la population locale de leurs terres ancestrales au profit des investisseurs influents ;
  • L’exploitation à outrance des ressources du sous-sol, faisant fi du respect de l‘environnement et de l’impact de sa destruction sur la santé publique ;
  • Et la liste des problèmes liés à la survie de l’humanité ne cesse d’augmenter et de virer au pire !

Bref, c’est toujours la classe ouvrière, les pauvres et les moins pauvres qui sont assujettis aux contraintes des nantis : nous avons à l’idée les Etats-Unis qui s’obstinent à s’opposer au COP 21 ; les états capitalistes qui refusent d’accueillir les migrants, victimes du système qu’ils ont instauré ;les éléments manipulateurs de la cybercriminalité qui visent à déstabiliser le monde, et ainsi de suite…

 

Nous savons que dans nos pays respectifs, nos partis se penchent continuellement sur les résolutions possibles de ces problèmes, quant à notre Parti AKFM, il estime que la lutte principale qui puisse alléger les différents maux sociaux, repose sur la promotion de l’homme à travers l’éducation de la population, en particulier de la jeunesse, suivie de la prise de conscience et de l’engagement politique du peuple, ainsi que de la solidarité de lutte avec les syndicats.

Remarquons  qu’en ce troisième millénaire la connaissance et l’éducation, non seulement restentune quasi-exclusivité des riches, mais encore sont façonnées de manière à pérenniser l’idéologie capitaliste. C’est pourquoi nous estimons que dans le cadre de notre lutte pour le progrès social, il est de notre devoir de revendiquer une éducation appropriée à la culture et aux besoins de nos pays respectifs en matière de sauvegarde de la souveraineté nationale.

         Justement, à ce propos, sans pour autant minimiser les malheurs des autres, nous proposons aux participants à notre 20è rencontre d’examiner particulièrement la situation angoissante des Palestiniens qui, jour et nuit, perdent leurs combattants contre les colonisateurs, agresseurs israéliens soutenus par les puissances impérialistes mondiales.

      Nous terminons notre intervention en souhaitant à chacun de notre pays - succès du socialisme, l’unique voie de développement qui garantit la justice sociale et nos nobles aspirations humanistes. Permettez-nous de prononcer de cette tribune le slogan de notre Parti :  Que vienne la Liberté !

          Merci de votre aimable attention !